Interlibyen

11e réunion des pays voisins de la Libye, hier, à Alger : Avancées substantielles en soutien au dialogue inter-libyen

Les représentants des pays voisins à la Libye se sont engagés, hier à Alger, à consentir davantage d’efforts dans leur soutien au règlement de la crise libyenne par voie du dialogue politique interlibyen.  Tout en réaffirmant leur opposition à toute ingérence et intervention étrangère en Libye, au terme de leur 11e réunion ministérielle. Les pré- sents ont salué, à cette occasion, les avancées enregistrées vers la voie du dialogue entre les acteurs libyens, notamment la rencontre et la signature de l’Accord d’Abu Dabbi, par le chef de l’Exécutif libyen Faïz Es-Serraj et le commandant des forces de l’Armée libyenne, le maré- chal Khalifa Haftar, ainsi que la réunion du 22 avril dernier, à Rome, entre Aguila Salah, président de la Chambre des repré- sentants et Abderrahmane Sweihli, président du Haut-Conseil d’État libyen. Le chargé du dossier libyen auprès des Nations unies, (ONU), Martin Kobler, intervenant, hier à la 11e réunion des pays voisins de la Libye, qu’a abrité Alger, a déclaré que l’Accord politique libyen «doit demeurer le cadre d’une solution négociée», et que le Document «n’étant pas parfait», a-t-il ajouté, «des amendements partiels et limités sont nécessaires, mais doivent être faits par les Libyens euxmêmes», a-t-il précisé. Ne manquant pas d’évoquer l’existence de groupes armés étrangers en Libye, «source d’instabilité» pour ce pays, comme pour «l’ensemble de la région et, en particulier, les voisins du sud», Kobler lance un appel à ces groupes, leur demandant de «déposer leurs armes» et invite les acteurs libyens «à mettre fin» à l’utilisation de ces groupes, car, a-t-il indiqué, «cela ne fait que nourrir la violence en Libye, et jeter les bases de l’instabilité en pays voisins», a déclaré Kobler. Les derniers développements survenus en Libye, notamment dans sa région sudouest, marqués par des violences et des affrontements, sont une source d’inquié- tudes, ont souligné les intervenants, dont le président de la réunion des pays voisins de la Libye, le ministre des Affaires maghrébines, de l’Union africaine (UA) et de la Ligue arabe, Abdelkader Messahel. Réité- rant le soutien de l’Algérie aux efforts visant à mettre fin aux différends et divergences entre les acteurs libyens, Messahel a réaffirmé, hier, que la solution à la crise libyenne «ne doit pas être militaire, mais plutôt politique», à travers le dialogue inter-libyen, «sans ingérences et interfé- rences étrangères», a-t-il précisé. Étaient présents, à cette réunion, des pays voisins de la Libye, outre du ministre libyen des Affaires étrangères du Gouvernement d’union nationale (GNA), Mohamed EtTahar Hamouda Siala, ses homologues du Soudan, Ibrahim-Ahmed Ghandour, du Niger, Ibrahi Yakoudou, du secrétaire d’État auprès du MAE tunisien, son homologue la Tchadienne, Mme Haoua Outman-Djame, l’Assistant du ministre égyptien des Affaires étrangères, Tarek ElKouny. Aussi, étaient présents, le ministre des Affaires étrangères de la République du Congo, dont son pays assure la présidence du Comité de haut niveau de l’UA sur la Libye, Jean-Claude Gakosso, l’ancien président, le Haut-Représentant de l’UA pour la Libye, Jakaya Kikwete, ainsi que Bettina Muscheidt, la Représentante de la diplomatie de l’Union européenne, en Libye. Sanctionnant leur réunion par un Communiqué final d’Alger, les pré- sents ont souligné à nouveau «leur ferme engagement et leur constant soutien à la Libye» pour l’accompagner, précise-t-on, «dans le cadre d’une transition politique apaisée», fondée sur l’application «consensuelle des termes de l’Accord politique libyen, dont la finalité est de parvenir à une réconciliation nationale, et la mise en place d’institutions fortes, crédibles, stables et justes au service des Libyens», lit-on. Pour y parvenir, les présents ont insisté, dans leur intervention, sur la nécessité d’aider les acteurs libyens, pour qu’ils arrivent à entamer, dans le très proche futur, leur dialogue politique, et les conforter sur cette voie, notamment en consentant davantage d’efforts, dont ceux de l’ONU, pour éloigner les interférences étrangères, sur la scène libyenne, qui nourrissent les divergences entre les acteurs libyens. Des questions dont ont fait part nombre d’intervenants, entre autres, le ministre des Affaires étrangères du Niger, Ibrahi Yakoudou, déclarant que «pour réussir» à amener les Libyens à se lancer sur la voie du dialogue politique, il faut mettre un terme «aux interférences étrangères» lesquels ne sont pas, a-t-il souligné «en harmonie, mais en opposition» aux efforts en cours au soutien à la solution politique, à travers le dialogue inclusif inter-libyen.

DES SIGNES ENCOURAGEANT EN FAVEUR DU DIALOGUE INTERLIBYEN ET LA RÉCONCILIATION NATIONALE

Saluant les décisions de la Chambre des représentants et le Haut-Conseil de l’État, relatives à la désignation des membres de la Commission de dialogue politique, la Réunion d’Alger a exhorté ces membres à engager l’examen de l’amendement de l’Accord politique libyen, ce qui permettra d’avancer davantage sur la voie du dialogue politique. Passant en revue, les menaces qui guettent la région, conséquences directes du chaos qui règne en Libye, depuis six ans, les pays voisins ont relevé l’accroissement des activités des groupes terroristes, les organisations criminelles, l’immigration illégale et le crime organisé. Animant une conférence de presse, au terme de la 11e réunion des pays voisins de la Libye, conjointement avec Messahel et Kobler, le ministre libyen, Mohamed Et-Tahar Hamouda Siala, a relevé l’existence d’indicateurs «positifs» d’un dialogue inter-libyen, exprimant ses remerciements à l’Algérie pour ses efforts visant le soutien à la paix et à la sécurité en Libye, avant de souligner «la convergence absolue» des points de vue de l’Algérie et des autorités libyennes sur les voies de règlement de la crise en Libye. Il dira, par ailleurs, que «les positions convergent vers la réalisation de la stabilité régionale au mieux des intérêts des peuples de la région», a-t-il souligné, avant d’ajouter, «et de leur stabilité pour une transition accélérée vers le développement», a déclaré, Hamouda-Siala. Sur une question de savoir la place qu’occupe le maréchal Khalifa Haftar, le ministre libyen souligne le rôle important de Haftar, lequel «est le commandant de l’Armée nationale libyenne», a-t-il tenu à rappeler. Ne manquant pas d’exprimer sa reconnaissance aux pays voisins de la Libye «qui tiennent une série de rencontres lors desquelles, ils ne ménagent aucun effort en vue d’aboutir à une solution pacifique à la crise libyenne». Notons qu’il a été convenu, au terme de la Réunion d’Alger, que la prochaine réunion des pays voisins de la Libye se tiendra, à Tripoli.

Karima Bennour